Parfois, je l’imagine plus grand, plus vieux…

Parfois, je regarde mon fils, souriant et adorable comme bébé. Je suis fier de lui dès qu’il fait des progrès… Si l’on peut appeler cela des progrès car, à en croire les autres, mon petit bonhomme est un bébé très éveillé et très tonic.
Personnellement, je n’en sais rien. Je débute et les bébés je n’y connais pas grand chose.
Je ne fais rien pour le stimuler d’avantage, je lui parle beaucoup, je passe beaucoup de temps avec lui, peut être que ça aide,j’en sais rien et franchement je m’en fiche.
Je profite tout simplement d’être avec lui.

Néanmoins, parfois je l’imagine plus grand, plus vieux… Avec un peu plus de cordes à son arc, avec plus d’expériences et, j’espère pouvoir toujours lui apporter ce dont il a besoin.

Quand j’entends les autres parler de lui, je sens dans le son de leur voix comme une suggestion à être fier de lui, à lui en demander plus, juste pour voir jusqu’où il pourrait aller….
Mais quelle idée !!!

Il est hors de question que j’en fasse une bête de compétition, une sorte d’enfant savant. Ça le mènerait a quoi ?! Et pourquoi lui en demander plus s’il le fait déjà par lui-même ?!

Tout ce que je souhaite, tout ce sur quoi je travaille, c’est qu’il soit heureux, qu’il ait confiance en lui, confiance en moi et qu’il devienne autonome. Petit à petit, à son rythme…

Et quand je l’imagine plus vieux, c’est toujours avec ces questions :

Aura-t-il assez confiance en moi pour me parler ?
Aura-t-il assez confiance en lui pour avoir son jardin secret et agir comme il l’entend ?
Saurai-je être à ses côtés pour qu’il grandisse sereinement ?
Saurai-je lui donner les clés pour qu’il puisse s’affirmer et ne pas se laisser marcher sur les pieds ? En respectant les autres ?!

Je sais bien qu’un jour il m’enverra balader, qu’il voudra s’affirmer et couper le lien qui nous unis pour former sa propre personnalité. Mais j’espère qu’il gardera au fond de lui ce que je lui aurait transmis…

Heu… elle est où ma vie sociale ?

1 mois déjà, 1 mois que je passe mes journées avec mon fils : changer les couches, donner à boire, câliner, promener, faire les 100 pas dans la maison pour l’endormir…
1 mois que les seules personnes avec lesquelles j’ai eu une conversation sont : le personnel de la maternité, la caissière du supermarché (genre, bonjour / au revoir), ma sœur et mon père qui sont venu nous rendre visite, et mon mec…

Suis passée voir les copains 2 petites heures, je n’ai le temps d’avoir personne au téléphone…
Je me revois encore écrire mon article sur  » non je ne serais pas qu’une maman… » ouais ouais…

« bonjour, ici le retour à la réalité. Oui, vous ne serez qu’une maman et votre principal sujet de conversation sera votre fils parce que vous n’aurez le temps de ne faire que ça… »

Ha bon, d’accord…

Alors, je l’aime mon fils, je l’adore, je ne suis pas très bien quand je dois m’absenter de la maison, mais purée, je rêve d’une après-midi à avoir un autre sujet de conversation que « il a mangé à quelle heure ? t’as changé sa couche ? ».

 

L’allaitement maternel, ce n’est pas une mince affaire…

Être maman, élever un enfant, ce n’est vraiment pas une mince affaire !

Je me souviens encore de ma naïveté, lorsque j’étais enceinte. Disant « mais ça dort à cet âge là, je pourrais faire des choses… » ou d’autres conneries !

Aujourd’hui, ça fait un mois (déjà) que notre bout de chou est avec nous, un mois vraiment pas de tout repos (j’y reviendrais) et ou pas mal de certitudes se sont écroulées !

Tout à commencé dès la première semaine à la maternité.
Moi qui souhaitais absolument allaiter mon enfant, je me suis rendue compte que ce n’était vraiment pas si simple.
Mettre au monde un bébé de 4,330 kg, avec une césarienne, c’est se rendre compte qu’en 1- il va vite avoir faim et 2- la montée de lait va se faire trèèèès lentement.

A la maternité, y’a plein de puéricultrices (ouais équipe en 3-8, donc ça change 3 fois par 24h, c’est le top !) qui sont là pour t’accompagner dans cette nouvelle vie, à te montrer les premiers gestes, dont l’allaitement.

Je passe les détails, mais pendant 6 jours, on s’est battues (oui c’est le terme) pour pouvoir mettre au sein le bonhomme. Lui, devant cette assiette quasi vide (même carrément vide les premiers jours), qui pleurait de faim, d’énervement.
Moi, à essayé tant bien que mal à l’accompagner, à ne pas pleurer et essayer de comprendre que ça prendrait du temps, mais qu’on y arriverai.
Ouais, ouais…. sur une vingtaine d’essais, 4 ont été concluants et uniquement 2 très positifs !
6 jours plus tard, j’étais dépitée. Mon fils refusait mon sein, je me sentais incapable et coupable de ne pouvoir le nourrir.

Et ce n’est que 6 jours plus tard que l’on m’a donné LA solution : tirer mon lait pour pouvoir lui donner toutes mes bonnes choses !
Bon on m’a aussi averti qu’avec un gros bébé comme ça, je n’aurait certainement pas assez de lait pour le nourrir. En gros, il aura toujours un temps d’avance sur ma production…

Une très bonne idée sur le papier, mais dans la réalité, ce n’est pas si facile.
Tirer son lait, c’est avoir minimum 15 minutes de libre toutes les 4/3 heures par jour… et avec un bébé qui a besoin d’être dans les bras, qui pleure beaucoup. Avec les biberons à donner, les couches à changer, la fatigue, la vaisselle des téterelles et des biberons les tours de maison pour le faire dormir…
La journée devient super courte !!

Aujourd’hui, j’arrive à tirer 3 à 4 fois par jour. Le plus souvent, lorsque le papa est là, et je peux lui donner 2 à 3 (quand tout va bien) biberons de lait maternel par jour. Sur les 6 quotidiens, c’est peu !

Je vis cela comme un échec.
Ne pas avoir réussi à lui donner le sein me faisait mal.
Mais pour moi, le plus important étant de lui donner mon lait et toutes ses bonnes choses.
Aujourd’hui, j’en suis à constater que : soit je m’occupe de mon bébé, et suis avec lui à 100%, soit je le laisse pleurer pendant 45 minutes, le temps que je fasse le plein de lait et la vaisselle. Ce 6 fois par jour !!!
Franchement, ce serait de la torture, pour lui comme pour moi. Laisser pleurer un bébé de cet âge, il n’y a que les bourreaux pour oser faire ça !

J’étais tellement persuadé que l’allaitement maternel était facile, c’est une belle baffe que je me suis prise…
J’en suis réduite à donner à mon fils des biberons de pepti, en me disant à chaque fois que c’est dégueu, que ça pu (ouais franchement, le pepti ça sent vraiment très mauvais). Alors que j’ai en moi un lait largement meilleur, plein de bonnes choses pour lui, mais que je suis incapable que lui fournir, si ce n’est que 2 à 3 fois par jour.

Je me dis régulièrement, que c’est toujours ça de pris, qu’au moins, je donne tout va que je peux pour lui donner du lait maternel, que je n’ai pas choisi la facilité en passant tout de suite au lait en boite… mais je ne peux m’empêcher de penser que je m’attendais à mieux.

Je ne veux pas devenir une maman, et oublier ma vie !

Ça non !
Je connais pas mal de femmes, qui après l’arrivée de leurs enfants sont devenues… des mères !

Leur seul sujet de conversation était devenu leur enfant.
Franchement, à cette époque, je m’en foutais royalement, que machin fasse ses premiers pas, qu’il parle, qu’il râle, qu’il pleure… « Oui, oui ma poule, parle, mais t’as pas un autre sujet parce que je m’ennuie moi ?! »
Malheureusement, à cause de ça, j’ai perdu des copines avec qui je m’entendais bien, avec qui l’on discutait de beaucoup de choses, parce que leur vie était centrée uniquement sur leur progéniture.

Bon, j’espère ne vexer personne. Bien entendu, chacune vie sa maternité comme elle l’entend !
Mais, je ne veux pas faire partie de ces femmes qui mettent leur vie de côté pour leurs enfants.

Je trouve cette façon de vivre pas super saine, que ce soit pour l’enfant, la mère et même le conjoint.
Un jour, ce bébé sera grand, et voudra vivre sa vie. Je pense à toutes ces femmes (peut être même certains hommes) qui ont mis leur vie professionnelle ou amoureuse de côté pendant des années pour s’occuper de bébé. Ne voyant leurs vies qu’à travers LUI ! Ses vêtements, sa chambre, les aliments qu’il aime, le temps qu’il veut passer avec elles, les crises de jalousies parce que maman est sortie sans lui…

Un jour, bébé sera grand, quittera le nid, volera de ses propres ailes, et là, pour ces personnes qui ont tout lâché pour leur bambin, il y aura comme un sentiment d’abandon.
Et ces personnes se poseront la question fatidique : « Je fais QUOI maintenant ?! »

Je n’ai pas envie de ça !
1- Je veux prouver à mon enfant qu’en bossant, on y arrive. Qu’on peut faire plein de choses dans la vie, mais qu’il faut se battre.
2- Je veux lui apprendre plein de choses ! Je ne veux pas simplement être celle qui fait à manger, s’occupe de la maison, lui achète ses fringues et qui (par souci d’emploi du temps) fait un boulot qui ne lui plait pas. (bon vous allez dire, en ce moment, on ne fait pas toujours ce qu’on veut, mais ça aussi c’est une preuve de courage, un bon exemple pour son chérubin).

C’est certainement une question d’éducation. J’ai des parents qui ont toujours fait un métier qui leur plaisait, ils ne comptaient pas leurs heures. A mon grand regret (quand j’étais enfant).
Mais en grandissant, j’ai compris que l’on ne peut pas vivre exclusivement pour ses enfants. On ne fait pas d’enfants pour qu’ils restent avec nous, tout contre nous.
Non, on fait des enfants pour qu’ils s’épanouissent, deviennent grands et vivent leur vie.
Et, selon moi, il n’y a pas plus bel exemple que de vivre notre vie, nous aussi.

Bon, je nuancerais évidement en disant que, mon fils, c’est mon fils et que je ferais tout (tout mon possible) pour qu’il soit heureux, et je serais toujours à ses côtés !

Néanmoins, vivre QUE pour lui, faire des choses QUE pour lui, non merci.
Je tiens aux quelques amis que j’ai, je ne veux pas les saouler avec La Vie de Junior. Je ne veux pas connaître uniquement les programmes pour enfants (à la minute près), je ne veux pas uniquement fréquenter les endroits dédiés aux enfants !

Non, non, je veux continuer à faire des choses d’adultes, avec des adultes, d’avoir des conversations d’adultes !

C’est d’ailleurs la raison de ce blog.
Ça me permet de raconter cette nouvelle vie. Parce que, que je le veuille ou non, ma vie change et sera encore plus bouleversée une fois que Bébé sera là.
Et ça permet à mes amis de ne pas trop en entendre parler de cette nouvelle vie.
Je partage, je cloisonne, et pour le moment, ça me va bien !