Parfois, je l’imagine plus grand, plus vieux…

Parfois, je regarde mon fils, souriant et adorable comme bébé. Je suis fier de lui dès qu’il fait des progrès… Si l’on peut appeler cela des progrès car, à en croire les autres, mon petit bonhomme est un bébé très éveillé et très tonic.
Personnellement, je n’en sais rien. Je débute et les bébés je n’y connais pas grand chose.
Je ne fais rien pour le stimuler d’avantage, je lui parle beaucoup, je passe beaucoup de temps avec lui, peut être que ça aide,j’en sais rien et franchement je m’en fiche.
Je profite tout simplement d’être avec lui.

Néanmoins, parfois je l’imagine plus grand, plus vieux… Avec un peu plus de cordes à son arc, avec plus d’expériences et, j’espère pouvoir toujours lui apporter ce dont il a besoin.

Quand j’entends les autres parler de lui, je sens dans le son de leur voix comme une suggestion à être fier de lui, à lui en demander plus, juste pour voir jusqu’où il pourrait aller….
Mais quelle idée !!!

Il est hors de question que j’en fasse une bête de compétition, une sorte d’enfant savant. Ça le mènerait a quoi ?! Et pourquoi lui en demander plus s’il le fait déjà par lui-même ?!

Tout ce que je souhaite, tout ce sur quoi je travaille, c’est qu’il soit heureux, qu’il ait confiance en lui, confiance en moi et qu’il devienne autonome. Petit à petit, à son rythme…

Et quand je l’imagine plus vieux, c’est toujours avec ces questions :

Aura-t-il assez confiance en moi pour me parler ?
Aura-t-il assez confiance en lui pour avoir son jardin secret et agir comme il l’entend ?
Saurai-je être à ses côtés pour qu’il grandisse sereinement ?
Saurai-je lui donner les clés pour qu’il puisse s’affirmer et ne pas se laisser marcher sur les pieds ? En respectant les autres ?!

Je sais bien qu’un jour il m’enverra balader, qu’il voudra s’affirmer et couper le lien qui nous unis pour former sa propre personnalité. Mais j’espère qu’il gardera au fond de lui ce que je lui aurait transmis…

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Ma double vie

Maintenant que je suis bien moins fatiguée, que Bébé fait ses nuits et surtout que je sors petit à petit de ma bulle, je reprends doucement les activités d’avant.
Chose pas si simple lorsque l’on a un petit bonhomme qui ne dort pas le jour et qui râle quand on ne s’occupe pas de lui !

Alors, le jour, je donne le biberon, change les couches chante des chansons, câline mon bonhomme, lui raconte des histoires… Je profite de ses micro-sieste pour manger un truc rapide, prendre une douche, envoyer des sms à ma sœur. Et 45 minutes plus tard, rebelote : changement de couche, on fait joujou, on fait de la gymnastique…
J’ai quand même cette chance que Bébé dorme la nuit et se couche de plus en plus tôt : on est passé de 23h à 21h, je gagne 2h ce n’est pas rien !
Alors dès qu’il est couché, j’allume mon PC est retrouve en quelque sorte ma vie d’avant ! Je papote avec les copains, je raconte ma vie sur les réseaux sociaux, je glande quoi ! Il faut bien se l’avouer, avoir un bébé ce n’est pas de tout repos, c’est terminer les journées où je pouvais me lever à pas d’heure et rester à glander devant mon ordi, écouter de la musique et me lever si le besoin était intense !

Bref, aujourd’hui je mène une double vie. Le jour je suis une maman à plein temps, je prends pratiquement pas de temps pour moi, tout pour lui, pour son bien être et son développement. Mouais bon, je te vois là toi derrière ton PC… une maman HS c’est pas forcément tip top pour le bonhomme… Mais une maman qui pète un câble parce qu’elle a besoin de temps pour elle, pour respirer, lire, discuter, ce n’est pas bon non plus !
Alors, à moi les courtes nuits, non pas parce que Bébé me réclame mais uniquement parce que j’ai besoin de ça, du temps pour moi !

La seule question que je me pose, c’est : combien de temps vais-je tenir ?!
Parce que dormir 5h par nuit quand j’étais ado, c’est fastoche, mais quand tu es à la veille de tes 30 ans, tu constate que 5h de sommeil parfois c’est pas beaucoup… Allez, bientôt il fera des siestes… ou pas !

La semaine prochaine, je reprends le boulot. Je suis à mon compte et bosse de chez moi. C’est chouette, oui, c’est chouette, mais ma double vie prendra tout son sens !
Maman le jour et chef d’entreprise la nuit !
Heureusement, j’ai prévu le coup, j’ai pris un abonnement à la crèche et mon bonhomme partira à la crèche une journée par semaine et son papa qui ne travaille pas 2 après-midi par semaine s’en occupera pendant que moi je travaillerais !

Je redoute un peu la reprise, et je m’imagine déjà arpentant les rues de mon quartier pour endormir mon fils en écharpe et pouvoir avoir du temps pour bosser ! (on en reparlera de cette écharpe magique !)

Sa première nuit dans sa chambre !

Oui, oui il a dormi dans notre chambre, même si je ne l’allaitais pas au sein, même si c’était le papa qui donnait le biberon pendant que moi je tirais mon lait à 4h du matin, même s’il a rapidement fait ses nuits et même si sa chambre et juste en face de la notre !
Oui, il a dormi à mes côtés pendant 2 mois et demi, j’en avais besoin, j’avais besoin de l’entendre respirer, d’être près de lui en cas de perte de tétine…

Mais il y a deux jour, j’ai fébrilement décidé de le faire dormir dans son lit, dans sa chambre bref, loin de moi !
Ce soir là, au lieu de prendre mon fils mon le mettre près de moi, je suis allée dans sa chambre pour voir si tout allait bien, lui dire doucement de passer une bonne nuit.
Je suis restée au moins 10 minutes à côté de lui, à me dire « purée, mais c’est moi qui vais  dormir dans sa chambre si ça continue… ».

Malgré la minuscule distance entre sa chambre et ma chambre, j’ai branché le babyphone, je suis resté éveillée à l’écouter dormir, seule (enfin seule… l’homme dormait à côté !).
Mais oui, je me sentais seule. C’est étrange ce sentiment immense, plus rien n’existe. C’en est flippant parce que je ne m’attendais vraiment pas à ce genre d’excès. (on y reviendra)

Je suis restée longtemps, à attendre, attendre de dormir, à écouter sa respiration dans le babyphone et me raisonner en me disant « allez, tout va bien, dors !! »
Je me suis rendue vite compte que le babyphone ne servait strictement à rien parce que j’entendais parfaitement mon fils, mais ça ne m’a pas empêché de le laisser allumer !

Bon, j’ai finalement sombré, d’un œil, d’une oreille, attendant que mon bébé m’appelle. Je le connais bien, vers 4h du matin il se réveille un peu et cherche désespérément sa tétine !
Je l’entends chercher, faire des petits bruits, et je viens l’aider. 1 fois, 2 fois, 3 fois…. 6, 7 fois !
Quand il est à côté du lit, c’est facile, il suffit de tendre le bras. Mais maintenant qu’il est dans sa chambre, c’est chiant !

Ce soir, ce sera sa 4ème nuit dans sa chambre… je m’y fait petit à petit et c’est tellement beau de se lever le matin pour être accueilli par ses si jolis sourires !

Les méthodes Montessori s’invitent à la maison

C’est fou comme les lectures changent avec l’arrivée d’un bébé !
Moi qui étais plutôt lecture professionnelles ou roman (avec une grande préférence pour David Lodge), je me retrouve à lire des bouquins de puériculture, d’éducation, et j’en passe.

Faut dire que l’on se sent tellement désemparée, tellement seule devant ce Petit Être que l’on ne comprend pas toujours, qu’avoir un peu de pistes s’avère assez utile.

J’avais commencé enceinte, avec la lecture de Maman débutante.
Un livre rigolo qui parle de la grossesse et des premiers mois du bébé. En bref, ce qu’il faut savoir pour ne pas être trop perdue…

Quand j’ai accouché, l’amie de mon père (sa femme, ma belle-mère…. bref) m’a offert 2 bouquins pour m’aider à comprendre cette peur qui m’envahissait petit à petit. Une façon pour elle de me faire comprendre que ce que j’étais en train de vivre était normal, que bon nombre de femme ont vécu la même chose.

Livre_bébé_dis_moi_qui_tu_es_grandsenneLe premier, que j’ai dévoré !
Bébé dis-moi qui tu es, de Philippe Grandsenne.
En gros, ça parle de bébé (oui oui), sa façon de vivre, des réponses à certaines questions. C’est légèrement écrit comme un roman, décrivant le bébé comme un être pourvu de tous les réflexes que nous n’avons plus. En gros, qu’il existe chez le bébé des traces de nos ancêtres.
J’avoue, je ne suis pas très douée pour parler des bouquins que j’ai lu.
Mais c’est un livre que j’ai beaucoup aimé, qui nous déculpabilise en quelque sorte, quand on entends les belles-mères, belles-sœurs et autre dire que nous lui donnons de mauvaises habitudes à le porter, le prendre dans nos bras quand il pleure, que le bébé fait des caprices… Philippe Grandsenne nous déculpabilise dans ce sens où il nous dit qu’écouter les autres ne sert à rien, qu’il faut faire comme on le sent, que c’est bon pour nous comme pour le bébé.

Le second, est plus pratique, à garder près de soi.
J’élève mon enfant, de Laurence Pernoud.
Bon, visiblement, c’est un classique. Le genre de bouquin que chaque famille – ou presque – a chez elle.

C’est beaucoup plus théorique, mais ça répond à pas mal de questions. Pour ma part, ça m’a permis d’anticiper une infection urinaire que mon petit bout et d’être aux urgences avant la montée de fièvre ! Merci le paragraphe « pleurs » où l’on évoque les gémissements en disant qu’il faut foncer aux urgences !

60 activités Montessori pour mon bébéEt dernièrement, je me suis posée la question « mais on fait quoi avec un bébé pour l’éveiller et jouer ? »
Ayant entendu parler de Montessori et de l’accompagnement de l’enfant à devenir autonome, j’ai acheter le livre « 60 activités Montessori pour mon bébé ». Bon, il y a beaucoup de bon sens, mais les mobiles proposés sont vraiment très jolis !
Alors, je m’y suis attelée et le bonhomme a l’air d’apprécier.
mobile des octaèdresPour le moment, je n’ai fabriqué que le mobile le plus coloré, le mobile des octaèdre et j’ai installé un matelas d’éveil dans sa chambre.
Ce bouquin m’a aussi donné une bonne idée, celle d’installer un miroir près de l’espace de jeu du bonhomme. J’avais initialement pensé l’installer sur sa porte, mais les arguments proposés – bébé relève sa tête plus facilement lorsqu’il est sur le ventre, qu’il prend conscience de l’espace… – me plaisent assez.

Bientôt, le mobile de Munari sera fabriqué, il est aussi vraiment joli ! 🙂

Une poussette à la maison

Quand j’étais enceinte, je ne voyais pas vraiment l’utilité d’une poussette et étais plus ou moins réticente à l’idée d’en avoir une.

Puis, mon bonhomme est né, nous sommes arrivé à la maison et le voile de la naïveté a disparu.  Je prenais enfin conscience qu’il n’y a vraiment que les cons qui ne changent pas d’avis !

Tout a commencé le jour je n’arrivais pas à calmer mon bonhomme. Il n’a cessé de pleuré durant 2 heures. Deux longues heures où rien ne fonctionnait, il pleurait, criait, se tirait le visage. Je ne pouvait même pas le mettre en écharpe tellement il était énervé et tendu.
Paniquée, fatiguée (une jeune maman quoi nous sommes toutes passées par là je pense, ou du moins une grande partie d’entre nous). Après mettre retrouvée debout, mon fils en sanglots dans les bras, moi pleurant tout autant, j’ai appelé la famille à la rescousse. Je ne savais vraiment pas quoi faire du tout, j’étais perdue.
Au téléphone, j’ai trouvée une oreille attentive et de bons conseils. Je me suis calmée, et mon bonhomme aussi.
On me parle de poussette. On me vante ses bien-faits en cas de crises, que cela calme le bébé, change les idées et permet surtout de prendre l’air !
Bon, je prend note et décide d’y réfléchir.
J’en parle à ma frangine qui me dit également qu’une poussette c’est quand même pas mal. Soit…

Ce week end là, je tâche mon écharpe de portage, et suis obligée de la laver entièrement. Séchage à l’air libre (surtout pas de sèche linge avec les « Je Porte Mon Bébé »). On se retrouve comme des cons à la maison, à devoir attendre qu’elle sèche. Il pleuvait dehors, pas très chaud à l’intérieur… et 2 jours sans pouvoir mettre le nez dehors. C’est long !
Je me dis qu’une poussette ce serait pas mal finalement…

On s’est alors trouvé une poussette pas trop cher (merci les soldes), compatible avec notre nacelle.
Aujourd’hui, on est équipé depuis plusieurs semaines. Et, même si je préfère largement l’écharpe de portage pour les balades, j’ai découvert qu’une poussette c’est vraiment pratique pour aller au resto, en dîner chez les copains,
Le bonhomme est en hauteur, tout à côté de moi, tout calme allongé, et si besoin, je peux le bercer tranquillement !

En ce qui concerne les balades pour aider le bonhomme à dormir, ce n’est pas tout à fait ça.
Il dort pendant la balade, mais se réveille dès qu’on franchit le seuil de la porte.
Faut dire qu’il a le sommeil super léger la journée !

Un joyeux bordel !

Avant l’arrivée de Bidule, nous n’étions pas maniaques, mais tenions une maison rangée, propre, et surtout rangée !
Depuis que Bidule est à la maison, c’est fou comme la maison a changé. On retrouve des bavoirs un peu partout, on ne prend plus le temps de mettre les choses en ordre… Non, bah non, puisque à tout cela s’est ajouté les changements de couches, les biberons, le tirage de lait, les câlins, les «je ne veux dormir que dans les bras de maman» … Et j’en passe !
Du coup, on va à l’essentiel, du moment que la maison est propre, tant pis si tout n’est pas rangé. Ça forme un joyeux bordel, en voilà une maison qui vit, une vie de famille bien remplie.

Heu… elle est où ma vie sociale ?

1 mois déjà, 1 mois que je passe mes journées avec mon fils : changer les couches, donner à boire, câliner, promener, faire les 100 pas dans la maison pour l’endormir…
1 mois que les seules personnes avec lesquelles j’ai eu une conversation sont : le personnel de la maternité, la caissière du supermarché (genre, bonjour / au revoir), ma sœur et mon père qui sont venu nous rendre visite, et mon mec…

Suis passée voir les copains 2 petites heures, je n’ai le temps d’avoir personne au téléphone…
Je me revois encore écrire mon article sur  » non je ne serais pas qu’une maman… » ouais ouais…

« bonjour, ici le retour à la réalité. Oui, vous ne serez qu’une maman et votre principal sujet de conversation sera votre fils parce que vous n’aurez le temps de ne faire que ça… »

Ha bon, d’accord…

Alors, je l’aime mon fils, je l’adore, je ne suis pas très bien quand je dois m’absenter de la maison, mais purée, je rêve d’une après-midi à avoir un autre sujet de conversation que « il a mangé à quelle heure ? t’as changé sa couche ? ».

 

L’allaitement maternel, ce n’est pas une mince affaire…

Être maman, élever un enfant, ce n’est vraiment pas une mince affaire !

Je me souviens encore de ma naïveté, lorsque j’étais enceinte. Disant « mais ça dort à cet âge là, je pourrais faire des choses… » ou d’autres conneries !

Aujourd’hui, ça fait un mois (déjà) que notre bout de chou est avec nous, un mois vraiment pas de tout repos (j’y reviendrais) et ou pas mal de certitudes se sont écroulées !

Tout à commencé dès la première semaine à la maternité.
Moi qui souhaitais absolument allaiter mon enfant, je me suis rendue compte que ce n’était vraiment pas si simple.
Mettre au monde un bébé de 4,330 kg, avec une césarienne, c’est se rendre compte qu’en 1- il va vite avoir faim et 2- la montée de lait va se faire trèèèès lentement.

A la maternité, y’a plein de puéricultrices (ouais équipe en 3-8, donc ça change 3 fois par 24h, c’est le top !) qui sont là pour t’accompagner dans cette nouvelle vie, à te montrer les premiers gestes, dont l’allaitement.

Je passe les détails, mais pendant 6 jours, on s’est battues (oui c’est le terme) pour pouvoir mettre au sein le bonhomme. Lui, devant cette assiette quasi vide (même carrément vide les premiers jours), qui pleurait de faim, d’énervement.
Moi, à essayé tant bien que mal à l’accompagner, à ne pas pleurer et essayer de comprendre que ça prendrait du temps, mais qu’on y arriverai.
Ouais, ouais…. sur une vingtaine d’essais, 4 ont été concluants et uniquement 2 très positifs !
6 jours plus tard, j’étais dépitée. Mon fils refusait mon sein, je me sentais incapable et coupable de ne pouvoir le nourrir.

Et ce n’est que 6 jours plus tard que l’on m’a donné LA solution : tirer mon lait pour pouvoir lui donner toutes mes bonnes choses !
Bon on m’a aussi averti qu’avec un gros bébé comme ça, je n’aurait certainement pas assez de lait pour le nourrir. En gros, il aura toujours un temps d’avance sur ma production…

Une très bonne idée sur le papier, mais dans la réalité, ce n’est pas si facile.
Tirer son lait, c’est avoir minimum 15 minutes de libre toutes les 4/3 heures par jour… et avec un bébé qui a besoin d’être dans les bras, qui pleure beaucoup. Avec les biberons à donner, les couches à changer, la fatigue, la vaisselle des téterelles et des biberons les tours de maison pour le faire dormir…
La journée devient super courte !!

Aujourd’hui, j’arrive à tirer 3 à 4 fois par jour. Le plus souvent, lorsque le papa est là, et je peux lui donner 2 à 3 (quand tout va bien) biberons de lait maternel par jour. Sur les 6 quotidiens, c’est peu !

Je vis cela comme un échec.
Ne pas avoir réussi à lui donner le sein me faisait mal.
Mais pour moi, le plus important étant de lui donner mon lait et toutes ses bonnes choses.
Aujourd’hui, j’en suis à constater que : soit je m’occupe de mon bébé, et suis avec lui à 100%, soit je le laisse pleurer pendant 45 minutes, le temps que je fasse le plein de lait et la vaisselle. Ce 6 fois par jour !!!
Franchement, ce serait de la torture, pour lui comme pour moi. Laisser pleurer un bébé de cet âge, il n’y a que les bourreaux pour oser faire ça !

J’étais tellement persuadé que l’allaitement maternel était facile, c’est une belle baffe que je me suis prise…
J’en suis réduite à donner à mon fils des biberons de pepti, en me disant à chaque fois que c’est dégueu, que ça pu (ouais franchement, le pepti ça sent vraiment très mauvais). Alors que j’ai en moi un lait largement meilleur, plein de bonnes choses pour lui, mais que je suis incapable que lui fournir, si ce n’est que 2 à 3 fois par jour.

Je me dis régulièrement, que c’est toujours ça de pris, qu’au moins, je donne tout va que je peux pour lui donner du lait maternel, que je n’ai pas choisi la facilité en passant tout de suite au lait en boite… mais je ne peux m’empêcher de penser que je m’attendais à mieux.

11 jours, déjà…

Voilà, 11 jours déjà que j’ai le plaisir de tenir mon petit bonhomme dans mes bras.

Tout a commencé le dimanche 9 juin, à 19h30. Nous étions tranquillement à la maison lorsque Dame Nature a tout lâché. Ni une, ni deux, nous avons pris la route pour la maternité.

Arrivé là-bas, on constate que mon liquide amniotique est teinté. On me dit que ce n’est pas très grave, mais qu’il ne faudra pas que l’accouchement dure trop longtemps. Soit…

On nous installe directement dans une salle de travail, monitoring en place, et on nous demande de patienter. Et là, le temps s’arrête.
Je ne pensais qu’à une chose : « je vais enfin faire la rencontre de mon fils ! Bientôt, il sera dans mes bras, tout contre moi. »

Quelques heures plus tard, pause de la péridurale, les contractions sont plus fortes, ça vient bon ! Il devait être 22/23h. J’étais concentrée à respirer et contrôler ma douleur.

Puis, tout s’est enchaîné, la péridurale s’est installée, les douleurs se sont légèrement estompées et on pensait que d’ici 3 heures du mat’, le p’tit bonhomme serait avec nous.

3h, rien, et les douleurs qui reviennent.
4h, rien… sous gaz euphorisant pour que je supporte mieux la douleur. Avoir mal, avoir des contractions, sentir le travail commencer et ne pas pouvoir empêcher un fou rire, c’est assez étrange !

4h30, allez, on y va !
Va falloir pousser, pousser, respirer, repousser.

1h30 plus tard, Bébé n’avait pas vraiment bougé et moi je commençais à être exténuée.
On appelle le médecin, il examine la situation, je continue de pousser du plus fort et le plus souvent que je peux. Mais rien y fait ! Bébé fait le yoyo.

Et là, j’entends : « Bon, on n’a plus le choix, faut y aller ».

Je comprends tout de suite, situation d’urgence. Le liquide teinté, moi qui ne suis plus en mesure de faire mon travail (1h30 que je bosse autant que je peux).

On me prévient, me prépare, m’emmène dans une autre pièce.
Là, il n’y a plus d’horloge et dans ma tête une seule chose tourne en boucle « pourvu qu’il aille bien ! »

On me parle, mon homme est près de moi, me soutiens.
Tout ce que je sais, c’est que ça m’a parue durer très longtemps. Mais à 6h30 j’étais sur la table d’opération et à 7h02, il naissait.
Je n’ai rien entendu, pas un seul cri, pas un seul « votre fils est né ». Non, on ne m’a rien dit.
J’ai simplement posé une question à une nana à côté de moi « ils en sont où ? Va-t-il bientôt sortir ? ».

Et la nana de me répondre « mais il est déjà sorti votre bébé ».

Quelle douleur de ne pas avoir entendu son premier cri. Je savais déjà que son premier câlin de serait pas de moi, que je ne le verrai pas avant plusieurs heures…

Et puis, on me l’a présenté. Moi allongé devant un drap, lui portant un bonnet, juste à côté de ma tête, on s’est regardé, je lui ai dit que je l’aime, que j’étais heureuse de le voir, j’ai pleuré (fatigue, joie, peine de ne pouvoir le prendre) et puis il est parti avec son papa.
Je suis restée encore un certain temps sur la table, à attendre que les soins se terminent. Je savais que mon fils était entre de bonnes mains, avec son papa, et qu’il allait très bien s’en occuper.
A ce moment, je ne pensais plus au fait que je n’étais pas avec lui, je me disais qu’il n’était pas seul et que c’était le plus important.
J’avais, pendant l’opération demandé à on homme d’expliquer à notre fils que si maman n’est pas là tout de suite, que le l’aime et que je serais bientôt de retour.
Je voulais à tout prix qu’il ne se sente pas abandonné. Il avait quand même entendu ma voix pendant des mois, reçu mes caresses…

Trois heures plus tard, je rentrais dans ma chambre et attendais mon fils. On me l’a posé sur moi, et voilà, j’étais apaisée, heureuse et totalement crevée, exténuée !

Le rendez-vous du 9ème mois et mon petit coup de gueule

Cette semaine, j’ai eu mon rendez-vous du 9ème mois à l’hôpital. Le genre de rendez-vous que je n’aime pas du tout. Une nouvelle rencontre avec une sage-femme que tu connais ni d’Eve ni d’Adam (et réciproquement).

Au moment de l’auscultation : superbe contraction, le ventre bien tendu.
Et à elle de me dire comme ça : « ho mais vous avez un gros ventre !!! ça va être un gros bébé !!! »
Mouais, « comment ça un gros bébé, ça veut dire quoi ? »  et la question que j’aurai aimé poser « Comment pouvez-vous dire ça d’un seul coup d’œil, d’une légère palpation de mon ventre tout contracté ?? »
En fait, tu es là, sur la table inconfortable, à prendre dans la tronche les réflexions pas agréables de cette femme que tu ne connais pas, et qui ne te connais pas.

Jusqu’au moment où elle ajoute : « ho mais il est vachement haut ce bébé !! Vous aurez peut être une césarienne… »
Là, t’aurais aimé lui dire « non, mais attends ma poule, il me reste un peu plus de 3 semaines avant la date présumée de l’accouchement. S’il est haut, c’est qu’il n’a pas encore prévu de montrer le bout de son nez, et voilà ! »
Mais en fait, tu encaisses, ça te fais réfléchir.
Tu rentre chez toi « putain, c’est quoi un gros bébé ?? 4/5 kilos ??? » « Pourquoi me parler tout de suite d’une césarienne ? parce qu’il va être gros ? parce qu’il n’aura pas la tête bien placée ? » et tu penses très fort « quelle connasse !! ».

C’est tout à fait ce que je n’aime pas dans les hôpitaux. Rencontrer des gens qui parle trop rapidement. 
La dernière fois, c’était y’a 1 an et demi une endocrinologue, qui avec un simple questionnaire m’a dit « vous savez, je pense que vous avez des ovaires polykystiques, et vous aurez certainement beaucoup de mal à avoir des enfants… vous ne pourrez peut être jamais en avoir ». 
J’étais rentré chez moi, en larmes, j’avais déjà pas mal pleuré devant elle, la boule au ventre, la peur de dire ça à mon homme qui désirait plus que tout (plus que moi) un enfant… Bref, des mois d’analyses… tout ça pour apprendre que cette connasse c’était complètement trompée ! Personnellement, j’appelle ça le Syndrome Dr House*.

Pour revenir à nos moutons, mardi prochain, j’ai une nouvelle échographie pour prendre les mesures de Bébé, et j’espère que cette sage-femme a aussi été atteinte du syndrome Dr House, qu’elle se sera trompée !
Plus j’y pense et plus je me dis que ça doit être très calme en ce mois de mai, que juin sera saturé, et qu’un bébé qui sortirait plus tôt, ça l’arrangerai bien…

 

*Syndrome Dr House : Personne qui croit avoir la science infuse et sort des diagnostics sans avoir toutes les infos.